On ne rigole plus…

Il est évident que cet article me revenait de droit, en tant qu’infirmière je vais faire en sorte de te conseiller aux mieux sans que tu sois obligé de transporter un hôpital de campagne sur le dos… Je te rappelle que j’ai deux hommes (un grand et un petit) parfois on ne sait pas trop qui est qui. Très joueurs, ils ne sont pas les derniers à crapahuter, escalader, chahuter, donc tomber, s’égratigner ou même se blesser sérieusement. Cette trousse à pharmacie est un indispensable en voyage. Partir sans est une pure folie. Peu importe l’endroit, que tu sois adepte des grandes villes ou des grands espaces, il faut que tu aies un minimum pour répondre aux premiers soins. Ces premiers soins qui peuvent être primordiaux et peuvent avoir une incidence capitale sur la suite des soins futurs. Une blessure anodine en ville peut être fatale en forêt tropicale. Les virus et bactéries ont le don de s’inviter à la vitesse de la lumière (humidité, surinfection, gangrène, voir plus). Ne voulant pas être l’oiseau de mauvais augure dans cet article, cette petite trousse tu l’emmèneras souvent pour rien, mais quand tu en auras besoin tu seras content de l’avoir balader pendant des kilomètres et d’avoir du répondant sous la main. Dans cette petite trousse de quelques centimètres carrés tu vas y mettre ta vie. Je vais t’expliquer en quelques phrases ce que le plus anodin qui peut être résolu en quelques jours peut vite se transformer en catastrophique. Rassure-toi, pas besoin d’avoir fait la faculté de Harvard, il suffit d’un peu de bon sens et d’organisation. Pas la peine d’amener une tonne de médicaments, pense plutôt à faire une trousse compacte, hermétique, pratique, bien rangée avec les notices en français.

Les indispensables

Médicaments

  • Anti-diarrhéiques : Imodium caps ou Tiorfan (change ton alimentation en conséquence, prend du coca dé-gazéifier, riz à l’eau, banane. Laisse tes intestins au repos). Rien de grave en temps normal. Si pas pris en compte, risque de déshydratation qui peut entrainer la mort.
  • Pansements intestinaux : Smecta en complément des anti-diarrhéiques, emplâtre pour intestins.
  • Anti vomissement : Vogalène Lyoc. Attention à la déshydratation, boit par petite gorgée. Tu peux manger des bananes car c’est le seul aliment qui est aussi bon à manger qu’à vomir (éprouver par les marins lors de mal de mer intense).
  • Fièvre et douleurs (paracétamol):   Dafalgan ou Doliprane lyoc (très pratique, se dissout rapidement dans très peu d’eau ou la salive). La fièvre n’est pas une maladie mais un symptôme, c’est-à-dire un « signe » dont il faut rechercher la cause. La fièvre est un signal qui indique que l’organisme se défend contre un événement particulier, le plus souvent une infection virale, bactérienne ou parasitaire. Parfois, elle peut être le premier signe d’une maladie infectieuse faisant courir un risque élevé ou d’une maladie grave ou évolutive, à prendre en charge en urgence. La fièvre entraîne rarement des complications en elle-même. Mais, quelle qu’en soit sa cause, elle est potentiellement grave chez les personnes âgées car elle peut entraîner une déshydratation et des troubles du comportement.
  • Maux de ventre : Spasfon Lyoc. Le premier médecin c’est toi même, toi seul va ressentir ce qui se passe dans ton corps. Dès les premiers symptômes, recadre ton alimentation, peut être un peu moins épicé ou moins gras.
  • Démangeaisons/Allergies : Diprosone (corticoïde local en pommade ou crème sur prescription) pour les réactions aux piqûres d’insectes, méduses, araignées… On ne réagit pas tous de la même façon, ne serait-ce qu’aux piqûres de moustiques, j’ai vu des piqûres de moustiques être sur-infectées entrainant une hospitalisation. Utile d’utiliser aussi l’homéopathie

   – Pour éviter de se faire piquer : Ledum palustre 15 CH / 5 granules par jour pendant la période d’exposition. Ledum palustre ne constitue pas un traitement préventif du paludisme. En cas de départ dans les zones à risque, il est conseillé de respecter les mesures énoncées de l’OMS.

   – Piqûre classique (inflammation + rougeur + démangeaison). Prendre de suite après la piqûre : Apis mellifica 15 CH. 5 granules toutes les 10 minutes pendant la première demie heure, puis toutes les heures ensuite.
Les jours suivants, ne prendre que 5 granules 3 fois par jour jusqu’à disparition des démangeaisons. Apis mellifica peut également être utilisé avec Ledum palustre 5 CH.

    – En cas de piqûre qui commence à s’infecter. Prendre Tarentula cubensis 9 CH associé à Calendula officinalis 5 CH (servant d’anti-inflammatoire et de cicatrisant) : 5 granules chaque matin et soir pendant 1 semaine. En parallèle, appliquer localement une pommade : Cicaderma®.

Ou encore les huiles essentielles comme Lavande Aspic, Eucalyptus Citronné, Menthe des Champs.

  • Infection de l’oeil : Dacryo pour nettoyer ou Azyter 1 dose.(Antibiotique en cas d’infection de l’œil, conjonctivite).
  • Antibiotique spectre large et antibactérien (angine, infections cutanées, infection ORL etc) : Augmentin ou Oroken (Avant de partir voit avec ton médecin pour te faire prescrire un antibiotique à large spectre pour parer à toutes éventualités, si tu ne carbures pas aux antibiotiques tout au long de l’année cela devrait suffire).
  • Oreilles douloureuses : Panotile. Attention aux douleurs d’oreilles. Ne pas laisser s’installer le symptôme, éloigne toi des “clims”, essaye d’éviter les milieux humides si possible. Une simple otite peut se transformer en otite purulente et atteindre le tympan et engendrer la perte partielle de l’audition.
  • Antiseptique : biseptine (mini spray) ou bétadine (monodose). Indispensable pour désinfecter les plaies, pas de mercurochrome ni d’alcool à 90°.
  • Quelques dosettes de sérum physiologique : Le sérum physiologique ou soluté physiologique isotonique est une solution composée de sel de chlorure de sodium (NaCl) et d’eau purifiée. Sa concentration en éléments dissous est comparable à celle des principaux liquides biologiques présents dans l’organisme comme le plasma sanguin ou la lymphe. A utiliser pour nettoyer yeux, nez, même plaies si rien d’autre.
  • Huile essentielle de Tea-Tree : Huile essentielle des grands voyageurs, l’indispensable, c’est une huiles qui est Anti-Bactérienne, Anti-Virales, Anti-Fongique.

Pansements

  • Compresses : Compresse stérile, pièce de gaze en forme de carré repliée plusieurs fois sur elle-même, est utilisée pour nettoyer une lésion cutanée à l’aide d’un antiseptique. Elle doit être stérile pour limiter le risque d’infection. Il existe aussi des compresses non tissées qui n’adhèrent pas à la plaie, idéale pour réaliser un pansement. Les compresses stériles sont indispensables dans ta trousse de secours.
  • Bandages : Permet d’immobiliser une articulation ou de maintenir une compresse.
  • Compeed : ou double peau permet une cicatrisation beaucoup plus rapide des ampoules en évitant tout risque de surinfection.
  • Stéristrip : pratique pour plaies ouverte (remplace les points) La suture Steri-Strip permet une cicatrisation rapide et propre des plaies cutanées. C’est un pansement de soin incontournable pour la réparation des incisions ou lacérations. A utiliser en biais ou en croix.
  • Sparadrap (Micropore) : Maintient la compresse.
  • Tulle gras : En médecine, le tulle gras est un pansement stérile et gras. Il est composé d’une compresse tissée avec des mailles resserrées et imprégnée de corps gras, le plus souvent une vaseline d’origine naturelle. Ce type de pansement est généralement utilisé pour traiter les plaies dites aiguës telles que les brûlures ou les plaies traumatiques. Le tulle gras est également employé pour favoriser la cicatrisation des plaies chroniques comme les escarres ou les ulcères. Ce pansement présente l’avantage de ne pas se coller à la plaie, ce qui facilite le processus de cicatrisation.
  • Pansement cicatrisant : Pansement à cicatrisation humide type mépilex border ou hansaplast (existe en plusieurs taille). Résistant à l’eau, très bon pansement le chouchou des infirmières.

Ustensiles

  • Gels désinfectant pour mains : existe en mini dose, pratique, très utile pour ne pas amener encore plus de bactéries. Cela n’empêche pas d’utiliser les gants latex jetables.
  • Paire de ciseaux : Pratique et c’est bien mieux qu’avec les dents.
  • Aiguilles : Servira à soulever la peau et de permettre de dégager une écharde.
  • Seringue de 5cc : En cas de plaies profondes ou perforation pour nettoyer les plaies en profondeur.
  • Pince à épiler : Très utile pour enlever les corps étrangers fichés dans la peau.
  • Épingle à nourrice : Ou épingle de sureté pour terminer un bandage, tu as la possibilité des agrafes en métal.
  • Crochet pour tiques : Permet l’extraction des tiques sans compression et sans favoriser le reflux de la salive. La pince à épiler exercerait une pression sur l’insecte, ce qui injecte encore plus la salive avec toutes les bactéries qui vont avec. (Maladie de Lyme)
  • Couverture de survie : La couverture de survie ou couverture isothermique est une couverture isolante utilisée dans les situations d’urgences afin de réduire les pertes de chaleur et les possibilités d’hypothermie. Une couverture de survie est aussi utilisée pour ses propriétés imperméables contre l’humidité ou le vent, tant par les secouristes que pour divers autres usages. Petit moyen mnémotechnique pour se rappeler du côté à utiliser.

        Jaune / Doré = feu = réchauffe. Surface dorée à l’extérieur, elle protège du froid, conserve la chaleur de la personne. (Ma victime est précieuse comme de l’or).

       Blanc / Argent = glace = refroidi. Quand la surface argentée est à l’extérieur elle protège de la chaleur solaire car le coté “argent” reflète les rayons du soleil.

       Point important : ne jamais utiliser en cas d’orage, près d’une source incandescente et en cas d’utilisation d’un défibrillateur.

  • Paire de gants jetables : 70 à 80 % des transmissions bactériennes sont manuportées. La meilleure prévention est le lavage des mains, le port des gants n’exclue pas le lavages des mains au gel désinfectant. Ne prends pas de place, très utile pour se protéger soi-même et protéger la personne que tu vas soignée.

         A ne pas oubliez, suivant la destination

    • Crème solaire
    • Crème, lotion après-soleil : Biafine
    • Spray ou lotion anti-moustiques
    • Bouchons d’oreilles / Boules Quies
    • Comprimés de purification de l’eau
    • Contraceptif / Préservatif
  • Médicament préventif contre le paludisme

Avant de partir, il est bon aussi de faire un petit passage chez le dentiste pour éviter l’arracheur de dents du coin. Si tu as un traitement personnel je te conseille d’en parler avec ton médecin. Bien sûr les vaccinations doivent être à jour. Pense aussi à ton assurance voyage (voir l’article).

    Anecdotes médicales

En écrivant cet article quelques anecdotes refont surface et je t’assure partir sans trousse de secours peut te gâcher une sortie ou ton séjour. Comme je te le disais plus haut, j’ai deux diables. Une partie de pêche dans les parcs à huitres de Châtelaillon-plage aurait dû se finir à l’hôpital de la Rochelle si cette trousse ne nous suivait pas partout. Tao escalade un parc à huitres à marée basse, dérape et s’entaille la main sur 4 cm de long et 7 mm de profondeur…merci les Stéri-Strips. Dans les Caraïbes, le père, lui nez au vent avec son appareil photo met le pied dans un trou de béton et se rappe le tibia de l’épaisseur de la peau, imagine la vision, par la douleur il tourne de l’œil… merci les pansements cicatrisant (les soins ont durés plus de trois mois). Une autre fois, un insecte c’était introduit dans l’oreille de mon homme tellement profondément qu’à l’hôpital les médecins ne voyaient pas qu’il y avait une bête à l’intérieur. Après avoir regardé à plusieurs reprises avec l’otoscope, le médecin de garde a eu l’idée de prendre une seringue, mettre de l’eau oxygénée dans cette seringue et de mettre tout dans l’oreille. L’émulsion qui s’est produite a fait remonter l’insecte d’une taille respectable (2 cm)… voilà pourquoi nous ne partons plus sans seringue. Bien sûr, il y a eu encore plein d’autres bobo : lèvres coupées par le snowboard, mains écorchées lors d’escalades mal maitrisées, mais ce ne sont plus que des souvenirs.

Oui, je peux trouver une plaie très belle,

Oui, je vois chaque jour des trucs de malade,

Non, je n’emballe pas mes cadeaux avec du sparadrap,

Non, je ne suis pas nue sous ma blouse,

Oui, j’ai des patients très impatients,

Oui, j’ai des horaires indisciplinés et une vessie surentrainée,

Je panse, donc je suis,

UNE INFIRMIÈRE