Alors, Parlons-en…

Eric

par | Mai 4, 2011 | TooT o Boo | 0 commentaires

Dit Saï Saï…

Signifie vagabond ou petit brigand en Wolof. Pour Eric, le voyage est avant tout une découverte. Que ce soit d’un pays, d’une région ou de ses habitants. Aller nez au vent, se balader sont les modes de déplacement le plus précis qu’il puisse utiliser. S’arrêter au moment voulu, prendre le temps des rencontres et admirer ce qui l’entoure. C’est lors des voyages qu’il redécouvre qui il est physiquement et mentalement. Voyager libère l’esprit, amène à la pensée, à la réflexion et à la raison.

Moins on le voit, mieux il se porte.

Dans ce blog, je suis l’homme de l’ombre qui ambitionne de vous faire rêver par les images. Le but est de retranscrire nos aventures au plus près en avançant en famille. Je veux le monde comme terrain de jeu et je compte bien jouer encore longtemps.

Rester, c’est exister… Voyager, c’est vivre.

Né à Paris, ma jeunesse s’est développée tant bien que mal dans la banlieue parisienne. Elle a été cadencée au rythme du béton, des tours d’immeuble, des voitures brulées, et de rencontres douteuses. Mes premières expériences de vie ont été l’école. Les cours académiques, poussiéreux et archaïques n’ont pas réussis à attirer mon attention. Je me suis forcé à ingurgiter des choses qui ne m’intéressaient pas plus que ça. Mon objectif était de connaître le monde dans lequel je vis. Je veux me faire ma propre idée de ce qui m’entoure. Je ne veux pas entrer dans le moule de la pensée unique.

La curiosité est un bien joli défaut

Depuis toujours j’ai été curieux de tout ce qui se passe dans notre monde. Les vacances scolaires en dehors de ce béton étaient pour moi une bouffée d’air pur. Je me souviens que tout jeune déjà je pouvais rester des heures à regarder la fourmi portant sa brindille. De la libellule virevoltant autour d’un roseau. Même le crabe sur son rocher qui lui ne faisait rien, m’intéressait tout autant. Voulant préserver mes découvertes et mes souvenirs, je n’avais pas d’autre choix que d’être équipé de mon Kodak instamatic jetable en carton. Les photos étaient d’une piètre qualité et j’étais toujours déçu de ne pouvoir figer l’image comme je l’avais vu. S’en est suivi un passage dans la Marine Nationale qui ma donné le goût des voyages.

Tout m’intéresse et je veux toujours apprendre.

J’ai exercé plusieurs métiers dans les Arts Graphiques, (conducteur offset, coloriste, commercial et créateur d’une imprimerie). Étant lassé, je suis devenu pilote d’ULM et d’ULM hydro. En parallèle j’ai suivi des études en Chine, et suis devenu praticien en massage en Médecine Traditionnelle Chinoise. Par la suite les occasions de la vie m’ont données la possibilité d’être télépilote de drone et Photographe. Je suis sur cette terre pour expérimenter.

Eric… Tu déconnes

A côté de tout cela je me perdais dans mes passions. C’était la photographie, le Deltaplane, l’ULM, le snowboard. Je me sentais intouchable et me suis longtemps amuser à me faire peur. Après avoir tourné en rond je voulais vivre l’essentiel. J’ai eu la possibilité de vivre un vieux rêve…

U.L.M

Je voulais retrouver mon instinct primaire. Me voilà parti en Guyane où une société d’aviation cherchait un pilote d’ULM. Emmener des personnes en baptême pour survoler fleuve et forêt était le job. Ce fût l’endroit des rencontres, des circonstances de vies, des crashs plus ou moins bien gérés (plutôt bien… puisque je suis encore là). Dans l’aviation on dit toujours “Il n’y a pas de bon pilote, il n’y a que de vieux pilotes”. Je survolais souvent le fleuve Maroni en ULM hydro. Et un jour, une opportunité que je ne pouvais refuser s’est offerte à moi.

Pourquoi pas…

On m’a proposé de partir “environ” plusieurs mois en pirogue pour ravitailler en sac de riz et en essence des villages reculés en pleine forêt Amazonienne. C’était tout au sud de la Guyane dans la ZAR (zone à accès réglementé) bien en dessous de Maripasoula. Tu as remarqué que j’ai écrit en gras le mot environ. Mes accompagnateurs les frères Dimpaï, seront mes anges gardiens. Il faut que je te les présente.

Mes anges gardiens

Les frères Dimpaï, deux jumeaux Saramaca qui on eut la bonne idée de se prénommer tous les deux John. Des piroguiers hors pair, toujours le pétard à la bouche, une cinquantaine d’année, noirs ébène, taillés à la serpe. (Je vais comprendre après pourquoi).

Heureusement, j’étais déjà préparé

Cela faisait deux ans que j’étais en Guyane et je pensais connaitre ce qu’était la forêt Amazonienne. Bivouac en carbets, construction d’abri, nuits dans les hamacs, toujours pieds nus, bref, je faisais parti du paysage et de l’ambiance de la forêt. (Enfin je le pensais). La proposition de cette expédition sur plusieurs mois ne pouvait pas se refuser. C’était pour moi, passée à un niveau que je n’avais même pas osé rêver. Les frères Dimpaï m’ont dit “Viens ce vendredi, tout sera prêt et on partira dimanche”. Je faisais le mec blasé, mais au fond de moi j’étais comme un môme à qui on avait promis de réaliser son rêve le plus dingue.

Eric a du temps devant lui

Me voici le vendredi matin ponctuel au rendez-vous chez les frères Dimpaï. Sur la rive du fleuve, je vois quatre pirogues vides. Je me dit «Tiens, il doit y avoir un soucis” et je dit à John « – Y a un problème brother ?? » « – Non pas de problème mon frère, viens on va briefer le départ ». De verres de rhum sec en gros pétards long comme le doigt et de gobelet d’Absinthe en Ti-punch, le briefing n’était pas des plus efficaces. Arrivés un vendredi, la semaine suivante nous n’étions toujours pas partis. C’est cela qui aurait dû me mettre la puce à l’oreille.

Au delà de mes espérances

Ce fut pour moi le plus grand périple de ma vie en forêt Amazonienne. Un périple qui a duré un peu plus de trois ans. Les fleuves, la Mana, le Maroni, le Tapanahoni, l’Oyapock étaient les seuls moyens de déplacement. Le Surinam, le Guyana, le Brésil notre horizon. Il a fallu apprendre (en tous cas pour moi) à pêcher et à chasser. Il fallait aussi décharger très souvent les pirogues de leurs chargements quand la profondeur du fleuve était trop faible. Décharger ces fûts d’essence de 250 L, ces sacs de riz de 25 Kg et autres caisses était notre salle de sport. Ensuite, il fallait haler les pirogues sur des centaines de mètres sur les berges boueuses de la mangrove. Puis charger à nouveau les pirogues une fois le niveau d’eau redevenu acceptable. Bref, tu comprends pourquoi j’ai dit plus haut “tailler à la serpe”.

Comme si ça ne suffisait pas

Cela aurait été trop simple, s’il n’ y avait eu que ça. En plus de ces efforts sous une chaleur écrasante, il y avaient les pièges de la forêt et du fleuve. Le passage des rapides (Sauts) étaient des moments plus qu’intenses. Slalomer entre ces rochers acérés, camouflés dans ces bouillons d’écumes ne pouvait accepter la moindre erreur. Parfois, quand des arbres morts étaient en travers de notre route fluvial, c’était la tronçonneuse hurlante patinant dans ce bois dur comme le fer qui retentissait. Ces innombrables galères du quotidien sont impensables et inimaginables quand on vit dans une société de confort.

Marqué au fer rouge

Ces aventures sont inscrites en moi comme des tatouages indélébiles. Il n’est pas nécessaire ici de tout divulguer, mais rien ne peut être oubliés. J’ai vu et vécu avec des “femmes et hommes des bois” qui vivent au plus près de la nature. Je peux t’assurer que Rambo à côté des frères Dimpaï c’est ma grand-mère dans la forêt de Fontainebleau. Traversant d’innombrables villages, côtoyant des tribus qui pour certaines ne connaissait pas la blancheur de la peau. Il me reste des souvenirs impérissables de ces contact hors du commun avec ces personnes dont je ne connaissais même pas le dialecte.

Eric ne sera plus jamais le même

Un contact que je n’ai jamais retrouvé depuis avec les gens qui parlent la même langue que moi. Les Wayapis, Palikurs, Wayanas, négre-marrons. Les Alukus, les Bushinengues, ainsi que les Garimpeiros ont été pendant ces trois années les personnes que je côtoyais au quotidien. Le retour à la civilisation à St Laurent du Maroni a été très compliqué pour moi. Je ne faisais déjà plus parti de ce monde civilisé et pourtant ce n’était que St Laurent du Maroni. Je te laisse imaginer mon retour en Europe, qui a été un vrai supplice. Depuis, pour moi, rien n’est plus comme avant.

“Té édé ipi, wooko safoo”. Mila toli

J’ai toujours été curieux et aime apprendre encore et encore. Pour moi la vie s’arrête quand on a plus envie d’apprendre. Maintenant, je souhaite faire vivre ce blog avec ma chérie et mon fils. Nous apprendrons et feront des rencontres ensemble, pour apprendre des autres. Et connaître encore un peu plus ce monde qui nous entoure.

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